« Je
vais chercher une brouette » a-t-il lancé (le prisonnier) avant de
partir rapidement. J’étais très concentrée sur ce que me disais l’une des dames
du service socio-éducatif :
« FIERS
IVOIRIENS, vous êtes actuellement les seuls à vous occuper de nos bébés là. Les
quelques rares ONG comme le BICE qui s’en occupaient par le passé ont mis un
terme à leur aide.
Les semaines passées les enfants ont eu du mal à trouver à
manger, essayez de rapprocher vos délais pour les appuis alimentaires.
Il faut
aussi penser à faire venir des médecins pour ausculter les enfants… Si vous
pouvez aussi venir enseigner aux femmes là comment éduquer les enfants, comment
doit être une mère… leur montrer les règles d’hygiène, des trucs de femme quoi,
ce serait bien hein… ».
Une fois l’entrevue
terminée, nous nous rendîmes auprès des enfants dans le bâtiment des femmes.
Moi :
Où as-tu déposé nos bagages ?
Le
prisonnier : voilà ça maman.
Paul
Eddy :
il faut que tu lui donnes quelque chose ‘’Chris’’ (c’est ainsi qu’il aime m’appeler)
Moi :
ok. Mme K. que puis-je lui donner pour lui dire merci ? De l’argent ?
C’est ce qu’ils préfèrent tous ? Ok.
Le
prisonnier : Maman, maman, maman… Je ne veux pas l’argent
hein, je VEUX LAIT… Maman je veux du LAIT. Si tu donnes ça, ton « FILS »
sera trop content même.
(Il utilisait le terme « fils » pour parler
de lui-même). Maman si ton fils a eu un peu de lait là non, il a tout gagné
même. Moi je veux pas l’argent, je veux lait...
J'étais très surprise. On venait de me faire savoir que l’argent est...
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